VOUS AVEZ DIT PEDAGOGIE ?
Par un beau matin de juin, pleins d’allant et motivés, nous ouvrons le local de l’école de batterie.
Le répondeur téléphonique se mit alors à vomir des inepties sur la pédagogie que nous avons mise en place après 30 années de pratique au service de l’enseignement de ce noble instrument, encore
méconnu car trop jeune.
Cher répondeur, tu pousses le bouchon un peu loin !
Comme le disait Ida, ma grand-mère, faut pas pousser mémère dans les orties !
Alors, chers collègues, professeurs et musiciens, Messieurs et Mesdames les jurés, Monsieur le Président, veuillez pour une fois entendre et écouter la parole de la défense.
Nous plaidons non-coupables !
S’il est un domaine pour lequel nous avons reçu une solide formation, c’est bien celui de la pédagogie et si vous nous emmenez sur ce terrain là, c’est avec grand plaisir car nous sommes des
imbibés de l’enseignement, des passionnés des enfants, des timbrés de la pédagogie.
Nous pourrions vous en parler pendant des jours et des nuits. Vous nous en donnez l’occasion, merci !
Repartons donc, en bons formateurs, à l’origine du sens du terme. L’étymologie vient du grec : Paidi : enfant et Agein : conduire, donc conduire les enfants.
La pédagogie c’est la science de l’éducation.
Comme toute science, elle n’est pas figée et évolue au fur et à mesure de l’avancée des recherches.
V’là ti donc pas qu’en écoutant ce message, je me revoyais au temps de l’Inquisition !
Et pourtant, Copernic et Galilée avaient raison.
L’éducation est au service de l’enfant. La pédagogie sert à lui transmettre une culture, des connaissances et en bons pédagogues, il est indispensable de se mettre à sa portée, de comprendre son
écoute intérieure, son horloge biologique et chaque enfant est unique. C’est pour cela que la pédagogie est un casse-tête.
Nous n’inventons rien. Nous relisons Dawtson, Dolto et Platon quand il décrit Socrate exerçant la maïeutique.
Cependant, nous essayons d’aller au-delà des dogmes et des discours établis.
Il faut proposer du nouveau, du concret, laisser parler l’imagination et la créativité.
Quand une idée n’est pas bonne, il faut en changer, quand un type d’enseignement ne fonctionne pas, il faut l’arrêter et innover.
Rompons avec l’omniscience.
Un professeur rempli son rôle quand il aide les enfants à s’épanouir, quand il met en avant leurs qualités, quand il les aide à devenir de futurs adultes responsables, autonomes et respectueux
d’autrui. Un professeur n’en est pas un quand il ne voit que son ambition personnelle.
La pédagogie demande une exigence et une rigueur pour soi-même, donc pour les autres. C’est aussi un don de soi. C’est un partage, la transmission d’un savoir.
Enseigner, c’est également être à l’écoute des parents : qui connaît mieux son enfant que ses parents ?
Ils ont toute leur place au sein de notre école et nous devons travailler ensemble.
Apprendre doit rester un plaisir et non une punition.
Ah ! La pédagogie : vaste programme, champ en perpétuel labourage, remise en question permanente.
Mais quel bonheur !
Quelle motivation quand Camille sourit, quand Dorothée se mord les lèvres pour y arriver, quand Thomas veut recommencer dix fois jusqu’à ce qu’il réussisse, quand Lucilien explique le solfège à
un adulte qui a l’âge de son père, quand Gatien, 7 ans, écrit des doubles croches et des triolets de noires sur son cahier de batterie, quand Sébastien pose trente questions à la minute et qu’il
repart du cours le cœur au bord des lèvres, quand Julien joue avec son Papa un duo de batterie en lui donnant tout son amour.
Ah ! Ça oui ! Chez nous, à l’école de batterie « RYTHMES », on aime les gosses.
Nous dormons bien toutes les nuits, la conscience tranquille du travail bien fait et du devoir accompli, en toute humilité et en toute honnêteté.
Alors, Mesdames et Messieurs les bien-pensants, pour tous ces gamins et leurs futurs enfants, nous continuerons le combat, contre le laxisme.
A l’école « RYTHMES » on ne donne pas des cours de batterie, on l’enseigne.
C’est notre engagement.
Nous apprenons pour enseigner et nous enseignons pour apprendre (Sénèque) : n’est ce pas là l’art de la pédagogie ?
Nathalie GARREC
"A vie, à mort et après..."